Traduction du communiqué de presse


"Après l'épuisement des tentatives post-modernes, la non-prorogation du dogmatisme d'avant-garde par le biais de la substitution stérile de l'art par des processus idéologiques, dans la première décennie du 21ème siècle, l'art a retrouvé des forces. Les idées esthétiques sont de retour, comme l'émotion, et elles sont revenues grâce à une expérience : celle du malaise urbain." Josep Ramoneda.


L'atopie se définit par le sentiment de malaise éprouvé par l'individu dans le contexte urbain actuel, sans rapport avec le paradis imaginé ou promis par l'utopie. L'exposition traite de ce malaise, celui entre la ville qui vit et l'individu, et la tension entre la ville qui devient individuelle (vivant ses activités au-dessus des nations, des pays ou des états) et le particulier qui représente un simple numéro.


L'exposition n'est pas l'un des premiers projets construits sur un phénomène social et violent, et n'aborde pas non plus les questions de la spéculation urbaine ou l'embourgeoisement citadin. Ses commissaires se sont intéressés à une plus universelle et palpable agonie : celle de l'individu qui survit et ce qu'on pourrait nommer sa résistance existentielle face à l'apothéose urbaine.


Avec 168 oeuvres (peintures, sculptures, photographies, vidéos et installations) réalisés par 41 artistes contemporains (Sergio Belinchón, Hicham Benohoud, Nuno Cera, Oleg Dou, Andreas Gursky, David LaChapelle, Rogelio López Cuenca, Philip-Lorca diCorcia, Thomas Ruff, Carey Young, etc.), l'exposition traite de cette tension entre l'individu et la ville, se concentrant sur une cité qui perd sa fonction de réunion et d'espace de discussion et devenant un lieu de déperdition et d'échec.


0. Prologue : Thomas Ruff


1. La ville contre l'habitant
Ce premier volet décrit la tension entre l'artiste/individu et la ville. Il montre des personnes poursuivant leur combat avec le phénomène urbain, soit en répétant des actes routiniers jusqu'au point d'épuisement, ou en cherchant des échappatoires dans les bas-fonds de la vie actuelle.

anothermountain man / Loulou Cherinet / Tim Eitel / Carey Young / Emeka Okereke / Mona Vatamanu & Florin Tudor / George Osodi / Andreas Gursky

Transition : Carlos Irijalba


2. La ville sans l'habitant
Ce que nous continuons d'appeler "la ville" est devenu quelque chose qui pourrait être abordé comme une entité post-capitalisée, dans les deux sens du terme : en regard de sa fonction de représentation (la ville est la capitale d'une région, d'un pays, d'une communauté) et de sa situation dans le post-capitalisme, dans une époque où les événements urbains subissent des modifications, où les rythmes de la capitale, comme la musique électronique, sont programmés plutôt que d'avoir simplement lieu.
Cette nouvelle vision abstraite de la ville, abandonnée à son sort, est celle que nous pourrions nommer ATOPIE. Des lieux sans définition, mais ne pouvant être considérés comme utopiques. Notre expérience les a laissés pour compte; bien qu'un retour y semble improbable, ils ne sont pas présentés comme une orientation encore possible.
Un spéculateur doit échafauder des fantasmes pour se déplacer dans la ville vide : posséder la ville, avec les êtres vivants, les humains et leurs intrigues. Cette imagination perverse est présente dans ce volet de l'exposition. Un monde fantôme ; une vision après-la-ville qui décrête la victoire de l'urbanisme sur le citoyen, de la foule sur la communauté, du vide sur la solitude, et de l'expulsion sur l'hébergement.

Nuno Cera / Baltazar Torres / Montserrat Soto / Carlos Garaico / James Casabere Tiffany Chung / Dionisio González

Transition : Sergio Belinchón


3. L'habitant hors de la ville
Même dans les plus vastes mégapoloples - en fait, plus là qu'ailleurs - la surpopulation a produit le plus de personnes solitaires. Les individus présentés dans ce cadre paraissent pétrifiés, transformés en êtres mécaniques, dans un somnambulisme intégral.
Que se cache-t-il derrière ? Un corps partagé entre les limites qu'on lui impose et l'importance de les nier, au risque de perdre ses traits les plus caractéristiques. Entre autres causes, on peut citer dans les origines de l'exclusion et des traits qui la marquent la séparation et la marginalisation. Ces gens voulaient être différents, mais sont côtoyés dans l'indifférence, une ville d'acteurs sans visage, où seul le pouvoir en garde un. C'est le summum pour quelqu'un ayant quelques rêves d'utopie : regarder quelqu'un et ne voir personne - c'est-à-dire, aucune réponse. En même temps, comme toutes utopies, c'est totalement inquiétant.

Dana Schutz / Adrain Paci / Philip-Lorca diCorcia / Oleg Dou / Erwin Olaf / Douglas Gordon / Evan Penny / Vanessa Beecroft / Lawrence Lemaona / Hicham Benohoud / Akós Birkás / Gino Rubert / Erwin Wurm

Transition : José Antonio Hernández-Diez


4. Dérives urbaines
La ville comme un espace possible ; peut-être la seule identité qui nous reste. Cette section de l'exposition présente des artistes étudiant la ville d'une manière ludique mais sans totale frivolité. Faisant la fête, vivant la nuit, squattant de nouveaux espaces, avec des graffitis et un zeste de frivolité pour gommer leur inquiétude, ils se livrent à des réjouissances tumultueuses, à la violence et à l'indolence, à la drogue et à la décadence.

Alexander Apóstol / Rafael Lozano-Hemmer / Pedro Vizcaino / AES+F / David LaChapelle / Daniel Canogar / Rogelio López Cuenca & Elo Vega

Epilogue : Vivek Vilasini





Expositions à venir et en cours

Atopie, art et ville au 21ème siècle
CCC, Barcelone (Espagne)

25.02 - 24.05.2010








































































































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Atopie, art et ville au 21ème siècle, CCC, Barcelone

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Exposition du 25 février au 24 mai 2010. Centro de Cultura Contemporania de Barcelona, Gallery 2, C/ Montalegre 5 - 08001 Barcelona. Ouverture du mardi au samedi et pendant les vacances scolaires de 11h à 20h. Nocturne le jeudi jusqu'à 22h.