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Carlos Garaicoa, Chevauchements
Musée d’art moderne, Dublin (Irlande)

10.06- 05.09.2010



































































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Carlos Garaicoa, Chevauchements, Musée d’art moderne, Dublin

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Traduction du communiqué de presse


Chevauchements est le titre d'une exposition réalisée au Musée Irlandais d'art moderne par l'un des plus grands artistes cubains, Carlos Garaicoa, dont le travail explore le tissu social de nos villes à travers l'examen de leur architecture. L'exposition rassemble des oeuvres nouvelles ou récentes comprenant des sculptures, des installations, dessins, vidéos et photographies qui reprennent les thèmes de l'architecture, de l'urbanisme, de la politique, de l'histoire, de récits sur la culture humaine. Depuis le début des années 1990, Garaicoa a développer sa pratique aux multiples facettes comme un moyen de critiquer l'architecture moderniste et utopique et l'effondrement des idéologies du 20ème siècle en prenant la ville comme point de départ.


Garaicoa passe son temps à étudier les villes pour découvrir leur sens profond. Il illustre souvent ses visions dans des installations monumentales réalisées avec des matériaux variés, comme le cristal, les bougies ou les lampes en papier de riz. Dans No way out (2002), une ville nocturne est construite avec des lampes de papier de riz éclairées de diverses formes. Alors que les matériaux utilisés dans cette ouvre font référence au Japon, l'uniformité du paysage urbain fait allusion à une situation universelle globalisée dans toutes les villes du monde. Dans Les joyaux de la Couronne (2009), des répliques miniatures de la vie réelle dans les prisons, les centres de torture et les réseaux d'espionnage sont réalisées en argent, tandis que Bend City (Red), (2007), est une ville entièrement construite en carton découpé.


La Havane, la ville extraordinaire où a grandi l'artiste, est une source d'inspiration privilégiée pour Garaicoa, et c'est à partir du développement complexe de cette cité que s'est développé son intérêt pour les ruines accumulées dans le paysage urbain. Après la Révolution cubaine en 1959, de nombreux projets architecturaux et des bâtiments en construction ont été laissés inachevés ou abandonnés, à La Havane comme dans d'autres villes cubaines. Cette juxtaposition entre les projets de construction stoppés et les bâtiments de la période coloniale narre l'histoire politique complexe qui marque le paysage. Carlos Garaicoa évoque "les ruines de l'avenir, des ruines définies comme telles avant même d'avoir existé." Garaicoa évoque ces bâtiments effondrés dans ses photographies en noir et blanc en leur associant une autre image qui reconstitue les parties manquantes avec des fils de couleur et des épingles. En illustrant l'absence de ces structures importantes, Garaicoa souligne la réalité de ces utopies abandonnées.











Exposition du 10 juin au 5 septembre 2010. Musée Irlandais d'art moderne, Royal Hospital Kilmainham - Dublin 8 (Irlande). Tél.: +35 31 612 99 00. Entrée libre du mardi au samedi de 10h à 17h30, sauf mercredi de 10h30 à 17h30.





Carlos Garaicoa, No way out, 2002, installation. Table de bois, fil métallique et lampes en papier de riz, 140 x 330 x 330 cm. Courtoisie Galleria Continua, San Gimignano/Beijing/Le Moulin. Vue de l'installation au Musée irlandais d'art moderne, 2010. Photo: Denis Mortell

Carlos Garaicoa, No way out, 2002, installation. Table de bois, fil métallique et lampes en papier de riz, 140 x 330 x 330 cm. Courtoisie Galleria Continua, San Gimignano/Beijing/Le Moulin. Vue de l'installation au Musée irlandais d'art moderne, 2010. Photo: Denis Mortell


Carlos Garaicoa s'appuie directement sur des textes et écrivains emblématiques pour les titres de ses oeuvres ainsi que dans la conception de ses sculptures, en particulier à travers l'idée de la ville comme un espace symbolique qui apparaît dans les écrits de Jorge Luis Borges et Italo Calvino. Dans Sur la manière dont ma bibliothèque brésilienne se nourrit de fragments d'une réalité concrète (2008), des publications sur l'architecture, le paysage et la culture brésilienne sont empilées en rangées séparées par des blocs de ciment. L'avant de la sculpture présente le dos des livres tandis que l'arrière montre un certain nombre de balles insérées dans le ciment. Dans son essai pour le catalogue d'exposition, Sofia Hernandez Chong Cuy décrit ce travail comme "Comme si elle avait été attaquée, la sculpture oppose les idées du développement urbain et le poids et les blessures du progrès."


Le commissariat de l'exposition a été confié à Seán Kissane, IMMA.


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