Traduction du communiqué de presse


Les réalisations artistiques de Peter Regli, regroupées sous le label de Reality Hacking (www.realityhacking.com), ont longtemps investi les lieux les plus improbables, la plupart du temps en extérieur et de façon plus ou moins spontanée. Il évitait ainsi soigneusement les lieux d’art et leurs publics avertis, afin sans doute de jouir d’une plus grande liberté dans la distorsion de la perception et des interprétations de la réalité qu’il propose ainsi à un public non préparé. En pratiquant de la sorte depuis 1995 Peter Regli est devenu sa propre institution.


Pourtant, depuis quelques années, Regli agit également dans les musées et centres d’art (MAC, Santiago de Chile, 2006; Helmhaus, Zürich, 2007, etc). Si le public change, l’artiste parvient tout de même à conserver un effet de surprise et de subversion en se jouant des règles de l’art. Le projet qu’il propose au CAN se construit en quelque sorte autour d’un hacking de l’histoire et de l’histoire de l’art.






























Expositions à venir et en cours

Peter Regli, Reality Hacking
CAN, Neuchâtel (Suisse)

17.04 - 30.05.2010


























































































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Archives 2010

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Exposition du 17 avril au 30 mai 2010. CAN / Centre d'art de Neuchâtel, 37 rue des Moulins - 2000 Neuchâtel (Suisse). Tél.: +41 (0)3 27 24 01 60. Ouverture du mercredi au dimanche de 14h à 18h, nocturne le jeudi jusqu'à 20h. Ouvert les jours fériés.


























Peter Regli, Reality Hacking, CAN, Neuchâtel

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Peter Regli, Reality Hacking Archives, 2008

Peter Regli, Reality Hacking Archives, 2008


AMERIGO VESPUCCI & LE BIG DIPPER


Comme on le sait, le prénom du navigateur et explorateur italien Amerigo Vespucci a été attribué aux deux continents américains en 1507 par le géographe Martin Waldseemüller. Cette appellation est en fait une erreur étant donné que Colomb a été le premier européen à fouler le sol du continent sud-américain, qui devrait donc s’appeler Colombie (pour autant bien sûr que l’on ne tienne pas compte des centaines de milliers d’indigènes). Par la suite, beaucoup d’historiens ont même considéré Vespucci comme un usurpateur (un hacker), remettant en doute la réalité historique de ses voyages. Vespucci y est pourtant bien allé, guidé par la grande ours (the Big Dipper), qui lui indiquait le nord, comme à tous les autres navigateurs.


L’installation de Regli au CAN propose en quelque sorte une image figée est décalée du périple de Vespucci. L’artiste porte ici un regard ironique sur la rhétorique des centres d’art qui s’auto-définissent souvent comme des espaces de grande liberté et de prise de risques. Liberté et risques qui semblent en effet bien légers en comparaison de l’air du grand large et des dangers qui entouraient les expéditions maritimes du XVe.


La Grande Ourse pointe le nord, et si Vespucci s’est rendu en Amérique du sud, elle symbolise aussi le magnétisme qu’exerce l’art nord-américain du XXe sur les artistes européens. Ainsi la technique du dripping reprise et détournée par Regli au CAN, constitue une forme d’hommage à (et de piratage de) Jackson Pollock, « star » de l’art étasunien. Pollock avait d’ailleurs réalisé une toile intitulée Reflection of the Big Dipper. On pourrait aussi interpréter cette installation comme une référence aux Spalsh Pieces de Richard Serra, ou encore comme une forme de Land Art d’intérieur.


Enfin, la deuxième signification de l’expression Big Dipper désigne le grand huit, ce manège forain, qui réduit ici ironiquement l’art à un divertissement, même si ce dernier reste vertigineux.

La teneur exacte de cette installation ne sera pas dévoilée jusqu’au vernissage afin de conserver l’effet de surprise et de découverte de ce nouveau continent reglien.


Commissaire de l'exposition : Arthur de Pury


Peter Regli, Reality Hacking n°235, Karoo, South Africa, 2006

Peter Regli, Reality Hacking n°235, Karoo, South Africa, 2006